Entrevue avec Magali Prévot

19 nov. 2015

Entrevue avec Magali Prévot

Sa première en soliste à l’Opéra, par Sofiane Boussahel.

PHOTO : © Dominique Jaussein

 

À quand remonte votre première expérience avec l’Orchestre Philharmonique de Nice ? Quels sont les enjeux liés à votre nouvelle fonction de supersoliste au sein de cette prestigieuse formation ?

J’ai intégré l’Orchestre Philharmonique de Nice à la fin du mois de novembre 2014 dans l’intégrale des symphonies de Brahms dirigée par Maître Philippe Auguin.
En effet, lorsqu’on rejoint une équipe de musiciens qui forment déjà une entité, cela peut être magique comme cela ne peut pas prendre. Mais ici, ce fut tout de suite une osmose. Nous nous sommes trouvés tant musicalement qu’humainement. Cette première expérience s’est révélée très enthousiasmante, aussi bien avec le chef d’orchestre et directeur musical qu’avec les autres musiciens de l’Orchestre. Pour en revenir à mes nouvelles fonctions, quand le chef le demande, nous, les solistes de l’orchestre, nous efforçons d’être les ambassadeurs de la direction musicale. Mon rôle de supersoliste consiste, plus spécifiquement, à insérer le pupitre d’alto au sein du quintette à cordes et plus encore au sein de l’orchestre tout entier.

Quel a été votre parcours avant votre nomination en tant que supersoliste de l’Orchestre Philharmonique de Nice ?

J’ai fait mes études au Conservatoire de Paris, dans la classe de Bruno Pasquier et Françoise Gnéri, puis j’ai effectué un cycle de perfectionnement auprès de Tasso Adamopoulos. Ensuite, j’ai obtenu la bourse Natixis financée par la Banque Populaire, que l’on reçoit sur concours, et qui nous permet pendant trois ans de travailler avec d’autres jeunes virtuoses sur le répertoire de musique de chambre. Cela se fait sous la supervision de grands artistes, comme Marielle Nordmann, Patrick Fontanarosa ou encore Jean-Claude Pennetier. Après cette expérience assez exceptionnelle, j’ai remporté le Premier Prix au Concours des Jeunes Talents d’Avignon puis je suis entrée à l’Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine où j’ai été tuttiste pendant six ans. J’ai ensuite intégré l’Orchestre national des Pays de la Loire en tant qu’alto solo, où j’ai passé cinq ans. J’ai eu la chance de commencer le métier de musicienne d’orchestre très tôt, parallèlement à une carrière de chambriste, ce qui m’a permis d’évoluer de poste en poste au sein de grandes formations, de rencontrer et de jouer sous la direction de grands chefs tels que Sir Neville Mariner, Maître Alain Lombard, Jesús López- Cobos et Yoel Levi.

Qu’a apporté Bartók au répertoire d’alto ?

Bartók a écrit cette immense pièce que William Primrose lui avait commandée alors qu’il vivait déjà aux états-Unis. C’était à la fin de sa vie, il était très malade.
Il n’a donc pas pu finir ce Concerto, qui a été achevé par un élève. Bartók a apporté une brillance, une virtuosité à l’instrument. Il a vraiment réussi dans ce Concerto à extraire toutes les capacités de l’instrument, pour en illustrer tout les possibilités en matière de coloris, de profondeur et de spiritualité. C’est un grand honneur et une grande joie d’avoir la chance de partager mon travail sur ce chef-d’oeuvre tant avec mes amis musiciens qu’avec le public niçois.