Coppélia pour les fêtes de fin d'année

7 déc. 2015

Coppélia pour les fêtes de fin d'année

Par Franck Davit

PHOTO : © Dominique Jaussein

 

Pas le temps de se reposer sur ses lauriers !

Après une rentrée qui l’a notamment vu passer en septembre dernier par Saint-Pétersbourg, l’un des grands pôles magnétiques de la danse classique, le Ballet Nice Méditerranée revient sur le devant de la scène. Il se produira dans ses murs, à l’Opéra Nice Côte d'Azur, à l’occasion du spectacle donné sur place tous les ans pendant les Fêtes de Noël.

À l’affiche cette année, Coppélia, l’un des sommets du ballet classique romantique mais, contrairement à tant d’autres oeuvres de ce répertoire, tout se passe ici sous le signe de la joie. « Il s’agit d’une histoire d’une grande simplicité et d’une lumineuse poésie sous son vernis naïf, sans personnages négatifs », souligne Éric Vu-An, le directeur de la compagnie niçoise depuis six ans. « Avec son argument où l’amour et le bonheur mènent la danse, Coppélia est une féérie qui allume de la lumière dans les yeux du public. » Créé à l’Opéra de Paris par Arthur Saint-Léon en 1870 sur une partition de Léo Delibes, Éric Vu-An a monté l’ouvrage à plusieurs reprises.

D’abord en 2004 pour les Opéras d’Avignon et de Toulon, puis à Rome en 2012 (avec deux solistes niçois dans la distribution). C’est en décembre 2011 qu’il le présente pour la première fois à l’Opéra de Nice, dans une version fidèle à l’original, celle-là même qui y  sera de nouveau à l’honneur en décembre prochain. « Les couleurs chorégraphiques de ce grand divertissement mettent en avant les qualités du Ballet Nice Méditerranée et de sa technique classique. La compagnie le dansera dans le respect de la tradition telle que
l’Opéra de Paris l’a perpétuée depuis la création de Coppélia. J’ai juste pris la liberté de revisiter le dernier acte, qui se prête à l’exercice avec des motifs de fête autour du mariage de Swanilda et Frantz, les deux protagonistes de l’intrigue », précise Éric Vu-An.

L’incarnation d’une certaine excellence

Préserver un patrimoine chorégraphique et faire oeuvre de transmission via une programmation plébiscitant des pièces phares de l’histoire de la danse : à travers Coppélia, se dessine l’une des ambitions de la troupe de l’Opéra Nice Côte d'Azur.
L’incarnation d’une certaine excellence dans la plus pure expression d’un style, celui de l’école française, comme cela avait déjà été le cas avec d’autres ballets dansés par la troupe dans le passé, de Soir de fête aux Deux pigeons. « Ici, au Ballet Nice Méditerranée », confirme son directeur, « Nous cultivons cette fibre, cette personnalité en quelque sorte, en nous efforçant d’incarner ces valeurs avec brio et élégance. Même si la danse est plus que jamais en mutation aujourd’hui et que la compagnie s’autorise volontiers des pas de côté vers un registre plus contemporain, la gestuelle classique reste un langage incontournable, s’appuie sur une tradition, des narrations. Il y a encore des lettres de noblesse à conquérir pour ce genre de ballets. »

Dont acte car cette nouvelle production de Coppélia réunit tous les ingrédients d’un beau succès annoncé.

Deux mois de répétitions, les 26 danseurs permanents de la compagnie rejoints par des renforts en provenance du Conservatoire de Nice, pour un total d’une quarantaine d’artistes, au total, évoluant sur la scène.
Les décors sont réalisés à la Diacosmie (les ateliers de fabrication de l’Opéra), d’après les maquettes originales du ballet en 1870 et costumes confectionnés eux aussi avec ce même souci d’authenticité historique.
Plus qu’une reconstitution de luxe, ce Coppélia millésimé haut de gamme avec le concours du Philharmonique de Nice, qui jouera sous la baguette du chef David Garforth, va voir à l’oeuvre toutes les forces vives de la grande maison du spectacle vivant qu’est l’Opéra de Nice. Dans ses volutes soyeuses et sa fantaisie bon enfant, une création que le Ballet Nice Méditerranée offre au public comme une gourmandise de Noël, à savourer sans modération !