Philippe Bianconi

7 janv. 2016

Philippe Bianconi

Ce pianiste niçois à la carrière internationale a fait ses études au Conservatoire de Nice.

PHOTO : © Bernard Martinez

 

André Peyrègne : Comment êtes-vous venu à la musique ?
Philippe Bianconi : Par l’amour que mes parents portaient à l’opéra. Ils en écoutaient à la maison. Enfant, ils m’emmenaient assis ter au poulailler à des représentations lyriques. Nous allions une fois par semaine à l’Opéra de Nice. Vous vous imaginez ce que peut être pour moi l’émotion de venir jouer sur la scène d’un lieu dans lequel, enfant, j’assistais, depuis tout là haut, à des représentations lyriques ou à des concerts !

Avez-vous un souvenir particulièrement marquant d’un concert entendu à Nice ?
Oui, le concert historique du pianiste Arthur Rubinstein en 1970.

Quand vous êtes-vous produit vous-même pour la première fois sur la scène de notre Opéra ?
A l’âge de… 8 ans, lors des auditions du conservatoire qui se déroulaient là à l’époque. J’y suis revenu avec des œuvres plus importantes lors des distributions de prix et, surtout, pour jouer avec l’orchestre le Concerto de Schumann lorsque j’ai obtenu le Grand Prix de la Ville de Nice qui couronnait mes études au conservatoire.

C’est en effet au Conservatoire de Nice que vous avez fait vos études.
Oui, à la Villa Paradiso. Du temps de la direction de Pierre Cochereau. C’était l’époque où avaient été créées à Nice les classes à horaires aménagés en lien avec le C.E.S. Roland Garros. J’ai rencontré un professeur de piano qui a été déterminant pour ma carrière, Madame Delbert-Février. Cette artiste magnifique, qui avait été élève de Marguerite Long et de Robert Casadesus, était une grande dame. Elle a su me donner des conseils de technique et de style qui me sont toujours utiles aujourd’hui. En plus de cela, elle m’a transmis des valeurs humaines que je ne peux pas oublier. Il faut rendre hommage à cette dame, qui a également été le professeur de Gabriel Tacchino, et qui fait honneur à l’enseignement du piano. Elle habitait dans le Vieux-Nice un quartier que son mari, architecte de la Ville, avait contribué à réhabiliter.

Est-ce vous qui avez proposé de jouer le Concerto de Grieg à Nice ?
Oui, j’ai envoyé une courte liste de concertos dans laquelle il figurait et la direction du Philharmonique a choisi.

Pourquoi avez-vous proposé ce concerto ?
Parce qu’il est magnifique, romantique à souhait. Il préfigure admirablement les concertos de grand lyrisme de Tchaïkovski ou de Rachmaninov. Curieusement, il était extrêmement joué du temps de ma jeunesse, il y a une vingtaine d’années, et il est passé de mode. Voilà pourquoi je suis fier de le rejouer…

Avez-vous souvent joué ce concerto vous-même ?
Oui beaucoup au début de ma carrière, en Amérique après ma victoire au Concours international Van Cliburn aux Etats-Unis. Je me souviens également l’avoir joué à Cannes en 1990.

Votre carrière internationale se poursuit sans discontinuer?
Oui, j’ai une tournée en mars aux Etats-Unis, puis en mai en Chine et au Japon. Mais je suis heureux de constater que je jouerai beaucoup en France en 2016. J’ai paradoxalement moins joué en France qu’à l’étranger dans ma carrière. Les choses changent...

Vous avez également de nouvelles fonctions en France : la direction du… Conservatoire américain de Fontainebleau.
Oui, j’ai le grand honneur de me trouver au poste qu’occupait à l’origine la grande Nadia Boulanger. J’ai succédé l’an dernier à ce grand maître qu’est Philippe Entremont. J’y défends, comme sur scène, cette grande musique dont le monde a tant besoin...

MICHAL NESTEROWICZ

la nouvelle génération

Un jeune chef, polonais d’origine, qui nous fait l’amitié de revenir cette saison, après son énorme succès l’année dernière auprès du public et de notre orchestre avec un programme Dvořák/Bruch/Lutoslawski. Un artiste qui allie l’émotion au dynamisme de sa jeunesse, l’intelligence musicale et la fantaisie et qui sait capter le plus difficile des publics. Après ses études en Pologne, il devient lauréat du 6e Concours international de direction Grzegorz-Fitelborg de Katowice et il commence sa carrière en dirigeant l’Orchestre Philharmonique National de Varsovie, le Sinfonia Varsovia, l’Orchestre Symphonique de la Radio Nationale Polonaise et l’Orchestre de l’Académie Beethoven. En 2008, il obtient le 1er Prix du Concours international de direction de Cadaqués et depuis, il commence une carrière internationale. Il dirige l’Orchestre Symphonique de Barcelone, l’Orchestre Symphonique de Galice, le Royal Philharmonic de Londres, l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liverpool, l’Orchestre National Royal d’Écosse, l’Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, l’Orchestre de la Suisse Italienne, l’Orchestre Symphonique National de Taïwan, l’Orchestre Philharmonique de Munich, l’Orchestre Symphonique de la BBC, l’Orchestre Symphonique du WDR (Cologne), l’Orchestre Symphonique du NDR (Hambourg), l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, l’Orchestre Philharmonique de Tampere… En 2012, il devient directeur artistique de l’Orchestre Symphonique de Ténériffe. Dès lors, il enrichit le répertoire de l’orchestre avec les cycles complets des œuvres symphoniques des Brahms, Schumann et Mahler et avec des œuvres des Chostakovitch, Moussorgski et Rachmaninov. En Avril 2015, il est nommé premier chef invité de l’Orchestre Symphonique de Bâle après une collaboration de trois ans en tant qu’artiste invité, pour « son grand talent et son immense force créative.