Entretien avec George Hanson

9 mars 2016

Entretien avec George Hanson

Le chef américain assurera la direction musicale du concert des 22 et 23 avril

Photo © Tom Spitz

Sofiane Boussahel : La musique de Copland est-elle réellement américaine ?

George Hanson : Aaron Copland est considéré comme « le doyen des compositeurs américains ». On perçoit son influence chez tous les compositeurs d’Outre-Atlantique qui sont venus après lui. Il a cherché délibérément à fonder un style américain de musique classique. Tout comme Edvard Grieg le fit pour la musique norvégienne, Copland choisit de développer son propre style national après avoir étudié les figures marquantes des compositions européennes. À partir d’Appalachian Spring, pendant les années de guerre (1942-1944), Copland sélectionne des éléments caractéristiques de ce que l’on considère aujourd’hui comme étant le style américain « classique » : de grands sauts d’intervalles pour évoquer les paysages, des harmonies simples pour traduire le caractère franc des Américains, des rythmes de danse enjoués et des tonalités optimistes, et enfin des mélodies à l’allure de prière, comme empreintes de la ferveur des pionniers.

 

Quelle est l’importance de Copland et Respighi parmi les musiciens du XXe siècle ?

Respighi était un impressionniste italien. Il a enrichi un style importé de France, propre à Debussy et Ravel, d’une saveur et d’un caractère qui n’appartiennent qu’à lui. S’il a influencé les générations suivantes, c’est surtout dans le domaine de l’orchestration, notamment dans les musiques de film. En aidant Leonard Bernstein à faire ses premières armes auprès du New York Philharmonic, Copland a contribué à faire de celui-ci son égal parmi les figures de proue de la musique américaine. En 1943, Bernstein est entré dans l’histoire en remplaçant Bruno Walter au pied levé à l’occasion d’une retransmission nationale. Plus tard, Bernstein n’a pas hésité à programmer la musique de son ami et mentor.

 

Peng-Peng Gong est un jeune compositeur chinois qui s’inscrit dans la tradition symphonique occidentale. Que doit sa musique à la Chine ?

C’est la première fois que je dirige une œuvre de Peng- Peng Gong. Elle est pour moi le résultat extraordinaire d’une rencontre des influences musicales chinoises et européennes occidentales, telle que l’incarne également Le Chant de la terre de Gustav Mahler. Mahler est un compositeur européen profondément influencé par la musique et la poésie chinoises. Chez Peng-Peng Gong, c’est d’une certaine façon la situation inverse qui se produit.