Concert à la Cathédrale Sainte-Réparate

2 juin 2016

Concert à la Cathédrale Sainte-Réparate

Le 11 juin à  20h, (re)découvrez le plus populaire et le plus joué des oratorios jamais écrits.

JOSEPH HAYDN

LA CRÉATION, ORATORIO

 

Âgé et souffrant, Joseph Haydn fut transporté sur une chaise à porteurs à un concert où l’on jouait son oratorio La Création. Le public applaudit à tout rompre l’apparition de la lumière. Haydn pointa le ciel de son doigt, comme pour rappeler qui, selon lui, était le véritable Créateur de cette lumière qu’il s’était efforcé de décrire.

Que ce soit dans l’évocation liminaire du Chaos précédant la Création ou lorsque les animaux prennent forme sur ordre divin, la peinture musicale, autour de 1800, dans La Création d’Haydn comme dans la Pastorale de Beethoven, renvoie à une certaine vogue des « symphonies caractéristiques » et aux épisodes « paysagistes » de l’Orfeo ed Euridice de Gluck (1762).

Loin des affects baroques – qui pourtant avaient engendré des tentatives comparables, citons Les Éléments (1737) de Jean-Féry Rebel – Haydn et Beethoven sont imprégnés d’une sensibilité propre à l’âge classique de la musique. « Plutôt expression que peinture », avertit Beethoven, afin de bien préciser ses intentions. Chez Haydn, cette même modernité préromantique tourne le dos à l’esthétique du siècle en train de se finir. Elle semble proférer le commandement de la génération suivante : si la musique ne saurait remplacer la langue parlée, sa puissance suggestive commence là où les mots deviennent impuissants.

Le texte anglais d’origine est une compilation d’extraits de la Genèse, du Livre des Psaumes et du poème épique Paradise Lost du Britannique John Milton. Rema nié par le baron van Swieten, protecteur des arts, mécène et conseiller d’Haydn et Mozart, le livret évolue jusqu’aux premières exécutions au palais Schwarzenberg et au Burgtheater de Vienne en 1798 et 1799. Seul un public trié sur le volet peut assister à la création. La police doit intervenir pour contenir la foule des mécontents. Encouragé à ses débuts par l’aristocratie viennoise, l’oratorio est présenté à Covent Garden en 1800, à Londres, où Haydn est considéré comme une sommité.

À sa création, cette grande fresque réunit cent-vingt musiciens en plus des trois solistes vocaux et d’un chœur de soixante chanteurs. Elle est ensuite très rapidement jouée en de nombreux lieux en Europe, aux États-Unis, du vivant même du compositeur. En France, c’est le cas dès 1800 : d’abord à Lille, puis à Paris, en présence du Premier Consul, Napoléon Bonaparte.

 

Vente des billets uniquement aux guichets de l'Opéra.

Samedi 11 juin, jour du concert, la billetterie de l'Opéra sera ouverte de 10h à 19h45 sans interruption.

Par Sofiane Boussahel