Numa Sadoul, un passionné de BD

27 sept. 2016

Numa Sadoul, un passionné de BD

Il est le metteur en scène de La Flûte enchantée, première le 30 novembre

André Peyrègne : Depuis quand vivez-vous sur la Côte d’Azur ?

Numa Sadoul : Depuis 1966 où mon père, administrateur colonial ayant exercé en Afrique et à Madagascar, est venu s’installer à Cagnes. Né à Brazzaville, j’ai passé mon enfance à Cagnes, où j’ai été à l’école primaire. J’ai accompli mes études sur la Côte jusqu’à une maîtrise obtenue à l’Université de Nice sur le sujet des bandes dessinées. (J’ai étudié les points communs entre les personnages de tintin, Spirou, Astérix, etc.). Je me suis ensuite lancé dans le théâtre à Nice avec la compagnie des Vaguants, puis au théâtre de la Cité où j’interviens toujours.

 

Et la mise en scène d’opéra ?

L’opéra est mon autre passion avec la BD. J’ai réalisé ma première mise en scène en 1977 aux côtés de Louiserlo, à l’Opéra de Lyon dans Parsifal.

 

Vos mises en scène sont-elles influencées par votre amour pour la BD ?

Il ne peut en être autrement. Mais, en la matière, le point culminant a été atteint avec mon spectacle du Récital de la Castafiore donné le 1er avril 2000 à l’Opéra de Bordeaux, avec la chanteuse Michèle Lagrange. Je lui ai fait interpréter, bien sûr, l’air des bijoux de Faust, mais aussi les airs d’opéras auxquels Hergé fait allusion dans ses albums de Tintin. Il y en a beaucoup ! Le spectacle a eu un succès fou…

 

Vous n’avez encore jamais fait de mise en scène à l’Opéra de Nice ?

Non… et pourtant je suis dans le métier depuis quarante ans ! J’ai certes monté plusieurs ouvrages lyriques dans ma région, sur la scène des Opéras de Toulon et de Marseille. Mais j’espérais qu’un jour j’aurais la chance que ce soit à Nice.

 

Ce sera donc avec La Flûte enchantée. Avez-vous déjà mis en scène cet ouvrage ailleurs ?

Oui, à Nantes il y a vingt ans.

 

Vous referez la même mise en scène ?

Non ! Ce sera une mise en scène nouvelle. Avec Pascal Lecocq, nous avons effectué en deux mois un travail qui, d’habitude, prend un an, car Éric Chevalier a été nommé en janvier à la direction de l’Opéra et n’a pu passer commande de ce spectacle qu’à ce moment-là. Comme Pascal Lecocq est maintenant établi en Floride, nous avons travaillé par internet pendant quatre semaines. Il est ensuite venu présenter ses maquettes de décor et de costumes en juin à la Diacosmie, et les ateliers se sont mis à travailler en un temps record.

 

À quelle époque situerez-vous l’histoire de votre Flûte enchantée ?

À l’époque contemporaine. Ce que je veux mettre en exergue est la philosophie de cette histoire qui oppose l'univers de la nuit à celui du soleil et montrer qu’en notre monde, personne n’est totalement blanc ou noir.