Le requiem de Fauré les 11 et 12 novembre

31 oct. 2016

Le requiem de Fauré les 11 et 12 novembre

Interprété par le Chœur Régional PACA, avec l'Orchestre Philharmonique de Nice, sous la baguette de Laurent Campellone.

Orchestre Philharmonique de Nice [concert philharmonique]

 

NOVEMBRE 2016

VENDREDI 11 À 20H & SAMEDI 12 À 16H

[Tarifs de 10€ à 29€ \ Étudianst 5€]

 

Albéric MAGNARD

Hymne à la Justice, opus 14

Gabriel FAURÉ

Requiem, opus 14

 

Solistes Jean-François Lapointe (baryton) et Valérie Condoluci (soprano)

 

Chœur Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur

Direction Michel Piquemal

 

Direction musicale Laurent Campellone

 

 

Pour ce concert du week-end commémoratif du 11 novembre, l’Orchestre Philharmonique de Nice, placé, pour la circonstance, sous la baguette de Laurent Campellone, a programmé en première partie l’Hymne à la Justice (opus 14) d’Albéric Magnard.

Une œuvre puissante et d’une originalité incontestable que le compositeur, qui fut tué d’une balle allemande le 3 septembre 1914, avait écrit douze ans auparavant en soutien au capitaine Dreyfus, au plus fort de « l’Affaire ».

En seconde partie, le public entendra le célèbre Requiem de Fauré, dans le genre l’un des plus originaux de tout le 19e siècle car il apparaît en complète rupture avec la tradition romantique qui s’attache à la messe des morts.

La partie vocale de l’œuvre sera assurée par le Chœur régional PACA (direction : Michel Piquemal) tandis que les solistes seront Jean-François Lapointe (baryton) et Valérie Condoluci (soprano).

 

TOMBÉ POUR LA FRANCE

Ce 3 septembre 1914, le compositeur Alberic Magnard a quarante-neuf ans. C’est la guerre et, par sécurité, il a fait évacuer son épouse et ses filles de leur maison de Baron-sur-Oise. Il reste seul face à l’arrivée des troupes allemandes. Il semble qu’il ait abattu un soldat ennemi d’un coup de feu. Magnard est tué et sa maison incendiée. Une grande partie de ses œuvres est détruite. La carrière de Magnard est marquée par un certain nombre d’engagements : son Hymne à la justice est écrit en soutien au capitaine Dreyfus. C’est clairement « l’Affaire » et la vague violente d’antisémitisme qui sont à l’origine de la composition de cette pièce pour orchestre. Le jour même de la publication de j’accuse (L’Aurore, 13 janvier 1898), Magnard écrit à Zola : « Bravo, Monsieur, vous êtes un crâne. En vous l’homme vaut l’artiste. Votre courage est une consolation pour les esprits indépendants qui préfèrent la justice à leur tranquillité […] Marchez ! Vous n’êtes pas seul. On se fera tuer au besoin ». Il signe ensuite de nombreuses pétitions pour la révision du procès

 La création de l’œuvre en 1902 fut bien accueillie du public, mais aussi de la presse, qui écrivait le lendemain : « L’Hymne à la justice est puissant et d’une originalité incontestable. »

 

UNE BERCEUSE DE LA MORT

Le Requiem de Gabriel Fauré fut achevé, dans sa première version, au début de 1888, et immédiatement créé en l’église de la Madeleine à Paris le 16 janvier.

Fauré dit de son œuvre : « Mon Requiem a été composé pour rien…. pour le plaisir, si j’ose dire… Peut-être ai-je ainsi, d’instinct cherché à sortir du convenu, voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrement ! J’en ai par-dessus la tête. J’ai voulu faire autre chose ».

L’œuvre est singulière et sa construction étonne au premier abord, car elle est très éloignée du modèle généralement adopté jusqu’ici. elle ne comporte ni Graduel, ni Prose, ni Benedictus et, dans la version originale, pas d’Offertoire. elle inclut, en revanche, le traditionnel Pie Jesu pour l’élévation, ainsi que l’antienne In Paradisum chantée après l’absoute. Quant au Libera me, il s’agit d’une composition antérieure que le compositeur n’ajouta au Requiem qu’en 1892.

Ce schéma original, de même que la liberté avec laquelle Fauré dispose du texte liturgique, mettent en lumière la conception très personnelle et peu académique que le compositeur a de la Messe des morts. Bien que l’adjonction d’un baryton solo et de cuivres en 1892, en ait sensiblement modifié la couleur, le climat angélique instauré par Fauré dans cette œuvre l’éloigne tout à fait des visions dramatiques évoquées par nombre de ses prédécesseurs.

Il s’agit donc bien là d’un des Requiem les plus originaux de tout le 19e siècle, en complète rupture avec la tradition romantique.