Michael Barenboim

30 nov. 2016

Michael Barenboim

Un virtuose bien de son temps

PHOTO © Janine Escher

 

L’artiste vit intensément son existence au carrefour du dialogue entre les hommes, les répertoires, les époques et les pensées.

 

GYÖRGY LIGETI

LONTANO, POUR GRAND ORCHESTRE

FRANZ SCHREKER

PRÉLUDE POUR UN DRAME

ERICH WOLFGANG KORNGOLD

CONCERTO POUR VIOLON EN RÉ MAJEUR, OPUS 35

MAURICE RAVEL

LA VALSE, P.106, POÈME CHORÉGRAPHIQUE

 

Les fées de la musique se sont incontestablement penchées sur le berceau de Michael Barenboim.

Ce violoniste est en effet l’héritier d’une incroyable lignée de musiciens au sommet de leur art. Au commencement était en effet son grand-père, le prestigieux pianiste et professeur Dmitri Bashkirov. Puis vinrent ses parents, pianistes tous deux, Elena Bashkirova et Daniel Barenboïm. Né en 1985 à Paris, c’est à Berlin qu’il grandit et qu’il se tourne tout naturellement vers la musique. Et plus particulièrement vers le violon qu’il choisit à l’âge de sept ans après avoir commencé ses études musicales par le piano trois années auparavant.

Le futur virtuose ne se contente pas de cet enseignement mais enrichit sa culture en étudiant notamment la philosophie à la Sorbonne. Profondément engagé dans sa démarche artistique à l’image de ses ascendants, Michael Barenboim est un artiste ouvert à toutes les influences et toutes les connaissances, passant allégrement du rôle de soliste à celui de chambriste en dépassant toutes les barrières expressives, artistiques et humaines, en se complaisant aussi bien dans les répertoires classique ou romantique que dans la musique de son temps.

A quatorze ans, on le retrouve au sein du West Eastern Divan Orchestra créé et animé par son père.

Il interprète le Concerto pour violon de Schoenberg avec les Wiener Philharmoniker, et une précieuse collaboration l’unira au compositeur Pierre Boulez alors au crépuscule de sa vie. A l’occasion des festivités du 90e anniversaire du compositeur en mars 2015, il jouera plusieurs œuvres de Boulez diffusées en direct et en simultané au Konzerthaus de Dortmund, à la Philharmonie de Berlin, au Barbican Center de Londres, à l’Opéra de Paris et au Festival de Salzbourg.

 

Le sens des échanges et du partage

La musique de chambre est aussi au centre de sa démarche artistique, à travers le quatuor à cordes qui est pour lui la forme la plus exigeante de la musique (il fonde en 2005 le Erlenbusch Quartett dont il est le premier violon) mais aussi à travers les échanges et le partage humain et artistique qu’il développe au sein des festivals les plus prestigieux. Une activité débordante qui complète celle qu’il développe avec les orchestres les plus renommés.

Au-delà de sa musicalité et de sa virtuosité, Michael Barenboim se veut un artiste de son temps, un messager de l’art et de la musique qui abolissent les frontières entre les hommes et forgent, selon lui, une meilleure compréhension mutuelle.

Au carrefour du dialogue entre les hommes, les répertoires, les époques et les pensées, Michael Barenboim honore avec talent et générosité la condition d’artistequ’il a choisie pour conduire sa vie.

 

Par Philippe Depetris