Don Quichotte d'Eric Vu-An d'après Petipa

12 déc. 2016

Don Quichotte d'Eric Vu-An d'après Petipa

Pour les fêtes, le Ballet Nice Méditerranée offre au public un cadeau chorégraphique tout en technicolor et virtuosité.

Par Franck Davit

 

Don Quichotte, tant qu’il y aura du rêve, des moulins à vent et la poursuite de l’inaccessible étoile.

 

Un ballet académique emblématique, avec ses célèbres morceaux de bravoure pour les deux solistes principaux de l’ouvrage, Kitri et Basilio.

Du grand spectacle à l’état pur, le temps de trois actes joyeusement emportés par une cinquantaine de danseurs et par les équipes déco, costumes et machinerie de l’Opéra de Nice (dont les ateliers, à la Diacosmie, sur la Plaine du Var, réalisent toute la saison le travail épatant que l’on sait). Avec Don Quichotte, également titré Le mariage de Kitri et Basilio, Éric Vu-An et le Ballet Nice Méditerranée affichent résolument la couleur, un spectacle anti-morosité ! « Devant un ballet comme Don Quichotte », se réjouit Éric Vu-An, « On vient rêver, tout oublier et se donner l’illusion que le monde va bien, pendant un moment ».

Celui-ci connaît son homme de la Mancha par cœur (voir encadré), mais, à part le chef d’orchestre qui sera le même pour les deux productions, en la personne d’Enrique Carreón-Robledo, le Don Quichotte millésime 2016 sera différent de celui déjà présenté par la compagnie niçoise en 2010.

 

 

Transmettre la flamme

En remontant ce ballet de Marius Petipa, Éric Vu-An le revisite, en effet, totalement.

« On évolue ici dans une forme de merveilleux », souligne ce dernier, « Où la vérité des personnages dansés est néanmoins primordiale et j’essaie de transmettre cette recherche d’intensité aux danseurs, au-delà de la performance technique pure. Avec la chorégraphie de Don Quichotte et son prisme classique, il faut équilibrer l’élégance du mouvement et la vérité de l’attitude. Le Ballet Nice Méditerranée, à travers son travail, perpétue ce style-là ».

Afin de ne rien laisser au hasard, les danseurs de l’Opéra avaient d’ailleurs interprété in extenso le dernier acte de Don Quichotte en septembre dernier, lors de leur prestation au théâtre de Verdure. Mais pour savourer toute la puissance de feu du spectacle dans son intégralité, il faudra attendre les beaux soirs des Fêtes de fin d’année.

Dans la distribution, on pourra découvrir les apprentis danseurs des classes chorégraphiques du Conservatoire de Nice, via un prologue sous le signe de l’enfance et de ses rêveries. Le début de chacun des trois actes du ballet sera enluminé par des projections vidéo d’André Gordeaux. « J’ai voulu apporter ma petite musique intérieure à cet ouvrage que je connais si bien par ailleurs, tout en essayant de transmettre la flamme qui brûle en lui » revendique Éric Vu-An. « L’idée, avec ce Don Quichotte en fête, c’est de créer un ballet pour un spectateur du 21e siècle, qui aurait envie de voir un spectacle d’un âge d’or de la danse ».

Un monument du répertoire classique, sans rien de figé, dans le respect de la doxa chorégraphique où s’est forgée sa beauté au fil du temps.

Depuis juin dernier, le Ballet Nice Méditerranée répète son Don Quichotte. Une fois de plus, on espère qu’il fera tourner de son nom tous les moulins de nos cœurs à cette occasion !