Rendez-vous avec la virtuosité

23 janv. 2017

Rendez-vous avec la virtuosité

Lors du concert des 3 et 4 mars, Christian Tetzlaff interpétera le concerto pour violon de Brahms, puis l'orchestre jouera la symphonie n° 4 de Tchaïkovski

Photo Christian-Tetzlaff ©Giorgia Bertazzi

 

Avec son concerto pour violon et orchestre en ré majeur opus 77, Johannes Brahms a composé l’une des œuvres majeures du répertoire romantique allemand.

Créé le 1er janvier 1879 à Leipzig par son dédicataire Joseph Joachim avec l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig placé sous la direction de Brahms lui-même qui était l’ami du virtuose, ce concerto, mal compris dans les premières années après sa création, agrège pendant une trentaine de minutes les pires difficultés auxquelles sont amenés à se confronter les violonistes. Et pourtant, malgré la dimension de l’œuvre, sa difficulté d’exécution et sa virtuosité, le concerto pour violon est de nos jours l’un des concerti les plus appréciés du public dans le monde entier.

La richesse de l’écriture symphonique de l’allegro non troppo initial, dans lequel l’orchestre énonce une longue introduction avant que le violon soliste ne s’approprie le dessin mélodique et rythmique, la clarté lumineuse et sereine de l’adagio central, la fulgurance dynamique entraînée par un violon survolté dans une atmosphère de joyeuse fête hongroise dans l‘allegro giocoso final, la densité autant que l’équilibre du dialogue entre l’instrument soliste et l’orchestre qui parlent au cœur autant qu’à l’esprit et développent une inspiration d’une rare portée émotionnelle, ne sont pas pour rien dans cette formidable popularité.

 

LA SCIENCE DE L’ORCHESTRATION DE TCHAÏKOVSKI

 

Souvent rapprochée de la cinquième symphonie de Beethoven, cette vaste fresque musicale qu’est la quatrième symphonie en fa mineur, opus 36, ramène constamment l’homme à son Destin.

Avec elle, Tchaïkovski, né en 1840 et mort en 1893, ouvre pour la première fois sa sensibilité exacerbée à une pensée musicale cyclique ainsi qu’en témoigne le retour du thème du premier mouvement dans le dernier et ces sonneries de cuivres qui reviennent tout au long de la symphonie.

Le compositeur a admirablement traduit en musique la richesse et l’inventivité de sa pensée mélodique soulignée par une science de l’orchestration qui constitue sa marque de fabrique.

Ici sont symbolisés, sur fond de thèmes populaires russes, ces allers-retours constants de l’être humain entre une réalité pesante et parfois difficile à supporter et des rêves sans cesse interrompus par le Fatum qui pèse sur nos têtes. La joie et les sentiments heureux d’une recherche du bonheur inhérente aussi à la nature humaine voisinent ainsi avec les angoisses et la mélancolie provoquées par ces apparitions du destin.

La première exécution de cette symphonie eut lieu le 10 février 1878 à Moscou. Au fil des années, elle fut peu à peu considérée comme un véritable manifeste d’un certain romantisme russe et demeure l’une des plus jouées du répertoire.

 

Par Philippe Depetris