Concert philharmonique des 24 et 25 février

30 janv. 2017

Concert philharmonique des 24 et 25 février

Lawrence Foster : une filiation spirituelle avec Richard Strauss

Le chef d’orchestre Lawrence Foster dirigera les 24 et 25 février prochains un concert comportant deux œuvres de Richard Strauss : le concerto pour violon et Don Quichotte.

 

André Peyrègne : Avez-vous un lien particulier avec la musique de Richard Strauss ?

Lawrence Foster : Oui, j’ai eu la chance et l’honneur d’être l’élève du grand chef d’orchestre Karl Böhm qui avait été lui-même ami et disciple de Richard Strauss. Par l’intermédiaire de Karl Böhm, je me sens en filiation spirituelle avec Richard Strauss. Karl Böhm m’a montré des lettres du compositeur dans lesquelles il lui donne des indications pour diriger telle ou telle de ses œuvres.

 

Ces indications étaient-elles plus techniques ou musicales ?

Exclusivement musicales ! Tout au long du travail que j’ai effectué aux côtés de Karl Böhm, à Vienne ou à Bayreuth, je n’ai rien appris de vraiment « technique ». (D’ailleurs la « technique » de la direction d’orchestre ne s’apprend pas, on se la forge soi-même !) En revanche j’ai reçu d’inoubliables leçons de musique et d’analyse musicale qui m’ont enrichi pour la vie entière et qui continuent à m’être utiles !

 

Karl Böhm a donc été votre bienfaiteur…

Oui, c’est lui qui, en 1963, m’a fait appeler lorsqu’on cherchait quelqu’un en urgence pour diriger Aïda sans répétition à l’Opéra de Stuttgart, à la suite de la défection d’un chef malade.

 

C’est cette prouesse, réalisée à vingt-deux ans, qui a lancé votre carrière ?

On peut le dire. Mais il y a eu deux autres importants paliers dans mon début de carrière, tous deux situés à Londres : mes débuts à la BBC en 1966 où j’ai dirigé le premier concert donné en ce lieu par la pianiste Martha Argerich et deux ans après, en 1968, ce que j’ai appelé mon « week-end » magique : j’ai dirigé à Londres le vendredi l’English Chamber Orchestra et le dimanche le London Philharmonic ! Le lundi, j’ai eu l’impression d’être adopté par le public de la capitale anglaise !

 

Pour revenir à Richard Strauss, êtes-vous familier des deux œuvres de ce compositeur que vous allez diriger ?

Don Quichotte est un splendide poème symphonique dans lequel deux instruments solistes, le violoncelle et l’alto, incarnent les deux personnages de Don Quichotte et Sancho Pança. Quant au très beau concerto pour violon, il est peu souvent joué. Le hasard fait que je dois l’enregistrer sur disque prochainement. Ce sera donc un concerto important dans mon année. Je suis heureux de le donner à Nice avec la violoniste Arabella Steinbacher avec qui j’ai déjà fait des enregistrements. C’est important, pour le public, de sentir la présence, devant eux, de deux partenaires qui s’entendent bien !