3 temps, 3 mouvements

24 févr. 2017

3 temps, 3 mouvements

En avril, le Ballet Nice Méditerranée vous offre trois ballets aux couleurs différentes.

« Voir la musique et écouter la danse », préconisait le légendaire chorégraphe Georges Balanchine. Le Ballet Nice Méditerranée en a fait le credo de ses soirées d’avril.

Deux grands maîtres, Jiří Kylián et Alvin Ailey. Un talent en plein essor, Liam Scarlett. Éric Vu-An va réunir ces trois chorégraphes, à l’occasion du prochain spectacle du Ballet Nice Méditerranée, la compagnie dont il dirige les destinées artistiques depuis maintenant huit ans.

Qu’est-ce qui rapproche ces trois noms ? Rien, si ce n’est qu’à travers eux, Éric Vu-An donnera à voir trois matières chorégraphiques et trois bonnes raisons d’apprécier le travail de la compagnie niçoise dans ses œuvres. Chacune des pièces au programme représente une sorte de cheminement sur les sentiers d’une expression néoclassique de la danse, lesquels n’en suivent pas moins leur propre tracé, avec de vraies (et d’heureuses) bifurcations stylistiques de l’un à l’autre. Sinfonietta de Kylián et Night Creature d’Alvin Ailey, deux des œuvres qui seront dansées en avril, font déjà partie du catalogue du Ballet Nice Méditerranée. Vesper tine de Liam Scarlett, en revanche, fait son entrée au répertoire de la troupe (voir encadré).

 

La grâce et le « peps »

Il y a quelque chose d’infiniment céleste et aérien dans les évolutions des danseurs du Sinfonietta de Kylián, sur une musique de Leoš Janáček.

La chorégraphie semble inscrite dans un jaillissement ininterrompu. Sentiment de fluidité pareil au ruban d’eau vive d’une source, figures, pas et sauts qui s’enchaînent inlassablement comme dans le jeu d’un mouvement perpétuel.

À son plus haut degré d’incandescence, le tempo corporel est ici exultant, allegro molto vivace, sous l’emprise d’une grâce magique.

Night Creature d’Alvin Ailey, dans un bel effet de contraste avec Sinfonietta, bouge tout autrement, sur une partition jazzy de Duke Ellington. Les corps ondulent, chaloupent, swinguent. Le climat est charnel, le ballet déroule les tableaux d’une sorte de revue où l’esprit de la comédie musicale américaine se serait faufilé en douce.

Gestuelle pleine de « peps », rythmes tout en souplesse et élasticité, Night Creature propage autour de lui une longueur d’ondes voluptueuse. Balancez vos hanches !

 

Par Franck Davit