Entretien avec Jean-Yves Thibaudet

22 mai 2017

Entretien avec Jean-Yves Thibaudet

L’un des plus grands pianistes français fait escale à l’Opéra de Nice les 2 et 3 juin.

Il interprètera le concerto pour piano n° 1 de Tchaïkovski.

 

 

« La musique est toute ma vie »

Attention, événement : Jean-Yves Thibaudet, l’un des plus grands pianistes français, fait escale à l’Opéra de Nice pour y jouer le Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski. Les 2 et 3 juin.

Lui ne joue pas du piano debout. C’est plutôt les salles où il se produit qui sont debout pour l’applaudir ! Jean-Yves Thibaudet est une star du piano, réclamée et acclamée partout dans le monde. Après un premier passage sur la scène de l’Opéra de Nice, en octobre 2009, où il avait joué Liszt, il y sera de nouveau à l’affiche, en juin prochain. Cette fois, ce sera le célèbre Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski en si bémol mineur, opus 23, qu’il viendra faire vibrer sous ses doigts virtuoses devant le public azuréen. « Avec ses grandes envolées, l’œuvre est l’un des chevaux de bataille du répertoire pianistique, souligne Jean-Yves Thibaudet. Elle jouit d’une immense popularité, grâce à sa musique qui va directement au cœur, et j’adore la jouer. La tendresse, la flamme, il y a tout dans ce concerto et quand je l’interprète, même si c’est un air très connu, j’essaie de lui insuffler quelque chose de personnel, de faire en sorte que l’auditoire soit heureux, dès les premiers accords… » Tout à sa passion pour l’œuvre, l’artiste va d’ailleurs l’enregistrer en mai pour la première fois, en vue d’un cd à paraître chez Decca, sa maison d’édition. Pour l’accompagner, l’Orchestre philharmonique tchèque sous la direction de Semyon Bychkov.

 

Romantique, impressionniste et plus si affinités…

Tchaïkovski mais aussi Chopin, Liszt, Brahms, Rachmaninov ou bien Debussy, Ravel, sans oublier Satie, Messiaen… Dans la pratique de son art, Jean-Yves Thibaudet a la note éclectique et le revendique. « J’aime varier les plaisirs, du classique au contemporain, confie celui-ci, cultiver mes affinités avec la grande période romantique, goûter les charmes de la musique impressionniste française… Et puis régulièrement, il m’arrive de passer commande à des compositeurs d’aujourd’hui pour jouer des créations originales, comme ça a été le cas avec Guilllaume Connesson ou Richard Dubugnon. Il faut faire vivre la musique à pleine mesure, la laisser circuler du jazz à l’opéra et aux b.o. de films, sans l’enfermer dans des chapelles élitistes. La musique est toute ma vie et c’est cette ferveur que je veux partager avec le public… ».

 

 

 

Dès l’âge de 7 ans !

Bien plus d’une centaine de concerts par an. Les cinq continents pour chambre d’écho à son talent. Sa vie heureuse de Français installé à Los Angeles, « dans le beau climat météo et culturel de la ville ». Ses interventions pédagogiques dans la Cité des Anges, au sein de la Colburn School, « pour la transmission ». Il en a fait du chemin, le petit Lyonnais qui s’est produit en public la toute première fois à l’âge de 7 ans ! « Mais ce qui a été le plus important pour moi, raconte Jean-Yves Thibaudet, c’est que je n’ai pas brûlé les étapes. Au cours de ma carrière, tout s’est déroulé à une échelle humaine, ça m’a donné une solidité, des fondations. Il y a un don au départ et ensuite, toujours l’envie de faire mieux, de progresser sans cesse pour que la musique soit. Au-delà de la virtuosité, je suis en quête de cette émotion-là. »

 

Par Franck davit