Concert anniversaire

19 sept. 2017

Concert anniversaire

L'OPN fête ses 70 ans d'existence à l'occasion du concert des 29 et 30 septembre

Lors de ce concert, vous pourrez notamment découvrir la création mondiale de Martin Romberg : Feanor.

 

Lors du concert des 29 et 30 septembre, au cours duquel on célébrera les soixante-dix ans de l'Orchestre Philharmonique de Nice, seront joués deux grands monuments du répertoire : le 1er concerto de Chostakovitch, avec le célèbre violoncelliste italien Enrico Dindo, et la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski. Mais en outre, deux œuvres seront données en création mondiale : la Fanfare du compositeur niçois Georges Gondard et une œuvre symphonique : Feanor signée Martin Romberg.

Le programme unira donc tradition et innovation.

Et, en matière de tradition, nous aurons droit à un répertoire romantique (la dernière symphonie de Tchaïkovski, rassemblant tout le génie du compositeur, écrite peu avant sa mort) et à un répertoire moderne (le concerto de Chostakovitch, œuvre brillante pleine de dynamisme et de virtuosité).

Nous découvrirons Martin Romberg, compositeur suédois contemporain que d'aucuns ont qualifié de « postromantique », qui est inspiré par la littérature fantastique et la mythologie, et qui nous présente ici son œuvre.

 

André Peyrègne : Qui est Feanor ?

Martin Romberg : C'est un personnage du Silmarillion de Tolkien. Le Silmarillion retrace la genèse et les premiers âges de l'univers de la Terre du Milieu : c'est le cadre des romans Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux. On est ici à l'origine de tout ce que Tolkien a écrit. Feanor est un elfe surdoué. Il a conçu les Silmarils, trois joyaux qui renferment en eux la lumière des deux arbres de Valinor, le blanc Telperion et le doré Laurelin. Lorsque ceux-ci sont volés par Melkor, il prête serment avec ses fils et prend la tête des Noldor pour partir défier Morgoth en Terre du Milieu. Il a créé ces arbres avec une technique inconnue des hommes et des elfes. C'est un génie hors norme qui, pourtant, court à sa perte. Il rappelle un héros comme Macbeth de Shakespeare qui sombre dans la folie, ou comme ces personnages qui ne trouvent pas leur place dans la société où ils vivent. Son génie créatif est accompagné d'un tempérament orgueilleux et colérique qui cause sa chute.

 

Cette pièce est-elle isolée dans votre œuvre ?

Non, elle est la troisième et dernière pièce de ma Trilogie Silmarillion dont les deux premières parties ont été respectivement créées en 2010 par l'Orchestre symphonique de Montpellier, à la demande de René Koering et la seconde en 2014 par l'Orchestre d'Avignon à la demande de Philippe Grison.

 

Quelle est l'architecture de l'œuvre ?

Ma musique suit la technique de la variation, élaborée à partir de petits motifs de base. Cette façon de faire est utilisée dans beaucoup de musiques romantiques dites « à programme ». L'œuvre dure douze minutes, la totalité des trois pièces de ma Trilogie Silmarillion durant, elle, trois quarts d'heure.

 

Comment peut-on qualifier le style musical ?

Cinématographique, créateur d'atmosphères et d'émotions. Absolument tonal. Je me sens proche des musiques de films romantiques. J'essaie de raconter une histoire avec ma musique, d'entraîner l'auditeur dans un voyage. Pour cela, je n'ai pas de forme musicale fixe.

 

Êtes-vous déjà venu à Nice ?

En touriste, pas pour travailler.

 

 Avez-vous un message à délivrer à travers votre œuvre ?

Je ne souhaite pas que ma musique soit vide de sens. Cela étant, je ne considère pas que l'artiste soit plus « intelligent » que son public. Je n'ai pas de leçon à donner mais des idées à partager. J'invite le public à méditer sur certains sujets. Le personnage de Feanor est incroyablement inspirant. Il nous fait nous demander pourquoi les hommes les plus brillants et intelligents sombrent souvent dans l'abîme. C'est cette question que j'aimerais partager avec mon auditoire dans cette œuvre.

 

Par André Peyrègne