Symphonie n° 6 dite Tragique de Gustav Mahler

4 oct. 2017

Symphonie n° 6 dite Tragique de Gustav Mahler

(Re)-découvrez cette œuvre , au programme les 3 et 4 novembre prochains

« Jaillie directement du cœur » !

 

La symphonie n°6 en la mineur dite Tragique de Gustav Mahler dessine une fresque musicale monumentale de par sa durée (plus d’une heure-vingt, avec un finale allegro moderato-allegro energico aux dimensions démesurées), son orchestration foisonnante et le souffle puissant qui l’anime.

Ses trois premiers mouvements furent composés en 1904 et la symphonie fut achevée à la fin de l’été 1904. Sa création, le 27 mai 1906 à Essen en Allemagne, sous la direction du compositeur et le mauvais accueil de la critique la feront ressentir comme un échec et pourtant…

Paradoxalement le public de cette première ne la vivra pas ainsi. Peut-être inconsciemment sentait-il déjà que ces débordements d’émotions, ce jaillissement de sentiments exprimé en musique par un homme autant qu’un compositeur signaient une œuvre hors du commun.

Elle n’est rien moins que la représentation d’une terrible confrontation à la fois personnelle et universelle de l’homme avec son destin et sa mort, une lutte furieuse dont l’issue sera tragique.

 

UNE ÉVOLUTION MAJEURE DANS L’ÉCRITURE

Si sa forme en quatre mouvements et son caractère se situent dans la lignée des règles établies par Haydn, le père de la symphonie classique, sa densité et son énergie et le retour permanent à la tonalité de départ en la mineur, considérée comme celle du tragique, constituent une évolution majeure dans l’écriture, ouvrant la voie à de futures innovations qui révolutionneront l’histoire de la musique et en tous cas contribueront à établir les codes d’inspiration du romantisme du XIXe siècle.

On pourrait la considérer, quelque part, comme descriptive ou autobiographique, certains éléments thématiques comme les trois coups de marteau assénés comme les coups du destin dans le finale, pouvant être considérés comme la prémonition des trois malheurs qui frapperont plus tard le compositeur : la disparition de sa fille de quatre ans, Maria, sa démission forcée de l’Opéra de Vienne et l’annonce de la maladie qui contribuera à l’emporter.

Le premier mouvement allegretto energico ma non troppo ouvre sur une forme de marche d’une sombre pesanteur, ce parcours difficile et tempétueux, oscillant entre espoir et désespérance, qui s’achèvera tragiquement. Le scherzo déterminé, l’andante moderato d’une noble pureté évoquant, par l’emploi de cloches de troupeau, la nature calme et sereine dans laquelle Malher aimait à se plonger pour trouver son inspiration, puis ce basculement définitif dans la noirceur des espoirs perdus du Finale, allegro moderato , allegro energico signent définitivement l’une des plus belles symphonies romantiques du répertoire « jaillie directement de son coeur », selon le jugement d’Alma Mahler sa femme, une œuvre qu’Alban Berg considérait comme « la sixième symphonie ! » de l’histoire de la musique.

 

 

NOVEMBRE 2017

VEN 3 20H

SAM 4 16H

GUSTAV MAHLER

Symphonie n° 6 en la mineur, Tragique

 

Direction musicale GYÖRGY G. RÁTH