Entretien avec Joszef Balog, sur la scène de l'Opéra les 8 et 9 décembre

9 nov. 2017

Entretien avec Joszef Balog, sur la scène de l'Opéra les 8 et 9 décembre

Un pianiste de tradition et d'éclectisme,

Sofiane Boussahel : Que devez-vous à la tradition musicale et notamment pianistique de la Hongrie ?

József Balog : Des générations de professeurs hongrois se sont succédés jusqu’à mes maîtres. Si l’on réalisait un arbre généalogique, il remonterait à Franz Liszt. Je me considère comme l’héritier d’une école hongroise de piano forgée par György Cziffra, Ernő Dohnányi et Zoltán Kocsis, reprise par des musiciens comme Dezső Ránki et András Schiff.

 

Jouez-vous aussi les compositeurs hongrois de la seconde moitié du 20e siècle tels que György Ligeti et György Kurtág ?

Je joue beaucoup de musique contemporaine et Kurtág fait partie de mon répertoire, mais aussi László Vidovszky. Je m’efforce de diversifier les écritures que j’aborde en tant que pianiste, car il y a des connexions entre les différents types de musique. Je suis un adepte des rencontres fructueuses, par exemple entre la musique hongroise et la musique française : j’ai plusieurs fois joué Rameau, mais aussi Alexandre Tansman, compositeur français d’origine polonaise qui a vécu à Paris, Zoltán Kodaly et László Lajtha qui ont étudié à Paris et transmis leur connaissance de la musique de Debussy à Béla Bartók. J’aime les lier ensemble dans un même récital. En novembre, à Budapest, je jouerai Boulez. On peut dire qu’au 20e siècle, la musique française a eu d’importantes retombées sur la musique hongroise.

 

Quelle est l’importance de Gershwin dans votre répertoire ?

Je m’intéresse beaucoup au jazz. Je suis un pianiste de formation classique et ne joue de jazz que pour moi-même. Or, pour interpréter Gershwin, il est préférable d’être quelque peu versé dans le jazz et de savoir improviser. Le jazz, toutefois, est un domaine tout à fait distinct que je préfère laisser à ceux qui en sont spécialistes. Gershwin, c’est autre chose, car sa musique s’adresse à des pianistes classiques chevronnés, dotés des capacités techniques que l’on acquiert par la maîtrise du répertoire classique et romantique.

 

Quels concerts et enregistrements figurent à votre agenda ?

J’ai joué dernièrement le Concerto n° 3 de Bartók à Budapest, ainsi que le Concerto n° 4 de Beethoven avec l’Orchestre national de Hongrie. A l’heure où s’apprête à paraître chez Hungaroton un CD que j’ai réalisé avec des pièces de Gershwin et des transcriptions d’Earl Wild et Beryl Rubinstein, je prépare deux albums d’œuvres inédites au disque consacrés respectivement à László Lajtha et Zoltán Kodaly. Enfin, je me réjouis de jouer pour la première fois avec les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Nice sous la direction de mon compatriote György G. Ráth, un chef d’orchestre de renommée et dont la réputation rejaillit sur notre pays.