Concerts Beethoven

5 janv. 2018

Concerts Beethoven

Le monde de la musique célèbrera en 2020, le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven

Beethoven : un monument musical dressé à l’orée du romantisme

 

En 2018, le Philharmonique de Nice se lance dans une programmation intégrale des œuvres symphoniques de Ludwig van Beethoven, qui se poursuivra jusqu’en 2020, année où l’on célébrera le 250e anniversaire de sa naissance.

Nous entendrons cette année trois grands concertos (premier et troisième pour piano et concerto pour violon), et quatre grandes symphonies : la première, la deuxième, la quatrième et la cinquième.

Chronologiquement, cette programmation nous fera passer de l’année 1800, date de création de la Première Symphonie, à l’année 1808, date de création de la Cinquième.

On est à l’orée du XIXe siècle. Le monde de la musique quitte la période classique pour entrer dans l’ère romantique. Cela s’entend dans l’évolution des œuvres de Beethoven. Les deux premières symphonies et les deux premiers concertos pour piano sont proches d’un style mozartien. A partir de la Troisième Symphonie (non programmée dans cette série de concerts) et a fortiori de la Quatrième, on bascule dans l’esthétique romantique.

A la charnière de deux mondes musicaux Une œuvre se situe à la charnière entre ces deux mondes musicaux : le Troisième Concerto pour piano et orchestre, qui date de l’année 1802, et que l’on entendra lors du troisième concert.

La Quatrième Symphonie, avec son atmosphère mystérieuse, le Concerto pour violon qui déploie pendant trois quarts d’heure sa longue méditation lyrique, et la Cinquième Symphonie qui fait entendre au début les fameux coups du destin appartiennent à l’esthétique romantique. Ces œuvres préfigurent les grandes pages orchestrales de Schumann, Brahms et Mahler.

La période qui va de 1800 à 1805 est également capitale dans la vie de Beethoven. C’est au cours de ces années que progresse sa cruelle surdité.

L’homme qui était la coqueluche des salons viennois, qui éblouissait ses publics en improvisant au piano va être contraint de mener une vie solitaire, va se réfugier dans la nature (d’où sa Sixième Symphonie, la célèbre Symphonie Pastorale, créée en même temps que la Cinquième). La surdité va le conduire au désespoir et à la tentation du suicide. Il explique tout cela dans un document qu’il est bon d’avoir présent à l’esprit lorsqu’on écoute ses œuvres de cette époque : le Testament d’Heiligenstadt. Dans ce texte bouleversant, qui date de 1802, Beethoven explique que seul le besoin de composer pour ses frères les hommes l’a retenu à la vie.

C’est ainsi qu’ont pu être créées les œuvres que nous entendrons lors de ces trois concerts. Le Destin - si somptueusement évoqué au début de la Cinquième Symphonie - ne peut qu’en être remercié !