Passionnément Bach

2 févr. 2018

Passionnément Bach

En clôture de la Semaine sainte, le Chœur de l’Opéra de Nice chante Passion selon saint Jean

L’un des piliers du temple de la musique sacrée. L’un des monuments de la musique tout court.

Programmer Passion selon saint Jean de Bach au cours d’une saison symphonique, voilà qui ouvre les portes d’un chef-d’œuvre absolu. György G. Ráth, le nouveau directeur musical l’Orchestre Philharmonique de Nice, l’a fait !

Ce concert événement, qu’il dirigera, sera donné à l’Opéra la veille de Pâques. Aux côtés du Philharmonique, le Chœur de l’Opéra de Nice va aussi donner le meilleur de lui-même pour interpréter l’ouvrage. « Il s’agit d’une partition chorale très complexe », souligne Giulio Magnanini, le chef du Chœur. « Elle valorise la formation tout en nous demandant un travail pointu, avec une mise en place vocale spécifique à ce répertoire. C’est un chant tout à fait différent du registre lyrique, qui doit se faire entendre avec légèreté et virtuosité ».

L’œuvre, que Bach compose alors qu’il vient d’être nommé cantor (maître de chapelle) de l’église Saint-Thomas de Leipzig, est jouée pour la première fois en 1724. Par son écriture savante et par son amplitude, elle exige un art de la grâce et du dépouillement, loin de toute démonstration de force.

 

Film choral

« Dans cet oratorio, Bach raconte la vie de Jésus comme un film, avec ses différentes séquences », estime Giulio Magnanini. « En filigranes, on peut y voir une réflexion sur le mystère sacré de la vie et de ce qu’il y a après la mort et c’est en cela que l’œuvre s’adresse à tout le monde. »

Pour la faire vibrer dans toute sa ferveur, le Chœur de l’Opéra de Nice possède déjà l’un des éléments clés de la réussite d’un tel concert. Ce que son chef appelle « l’esprit artiste ». Une vraie polyvalence (les chanteurs niçois passeront sans transition des charmes du Roméo et Juliette de Gounod à la majesté nue de Bach). L’envie de tenter de nouvelles expériences.

« Il faut offrir cette musique au public avec savoir-faire, pour lui donner une âme », analyse Giulio Magnanini. « Un Chœur d’opéra, c’est comme une équipe de rugby, c’est très physique et c’est du contact. Pour la Passion, à nous de savoir être comme une équipe de volley, avec quelque chose d’aérien… »

 

Par Franck Davit