Sarah McElravy

23 avr. 2018

Sarah McElravy

L’alto au plus haut

Par Sofiane Boussahel

 

Sofiane Boussahel : Est-ce la première fois que vous vous produisez en France ?

Sarah McElravy : En effet, ce sera une première en France et avec un orchestre français. Je suis très enthousiaste à l’idée de travailler avec les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Nice.

Depuis combien de temps vous produisez-vous aux côtés de Julian Rachlin ?

J’ai entamé ma collaboration avec lui il y a seulement trois ans. Nous étions co-solistes dans un programme de musique de chambre.

C’est pour moi un réel plaisir que de travailler régulièrement avec un artiste d’une telle probité. J’admire véritablement son talent d’interprète et de chef d’orchestre. Jouer avec lui ces dernières années, qu’il ait été présent au violon ou à la direction d’orchestre, m’a beaucoup appris.

Comme nous jouons tous les deux à la fois du violon et de l’alto, nous avons pu découvrir un répertoire fantastique qui n’est pas si souvent abordé. Nous avons joué récemment le Double Concerto pour violon et alto de Krzysztof Penderecki ou donnons régulièrement la splendide Symphonie concertante pour violon et alto de Mozart. Nous sommes sans cesse à la recherche d’un nouveau répertoire. Pour nous, l’alto est un instrument important et nous apprécions beaucoup de pouvoir passer d’un instrument à l’autre. Le son est très différent de celui du violon. Quand on aborde l’alto, il faut se familiariser avec une forme d’écoute différente. Les violonistes devraient plus souvent jouer de l’alto ! Julian Rachlin est l’un des grands violonistes de notre temps et la réputation de sa technique incroyable n’est plus à faire. Pour moi, la maîtrise technique est indispensable à tout grand musicien. Et ce qui fait un grand artiste, c’est évidemment son entier dévouement à la musique.

Julian et moi pensons que le musicien doit sans cesse s’améliorer. Nous cherchons des couleurs, des caractères, réfléchissons aux vitesses d’archet et aux différents types de vibrato. Il est important pour nous de savoir comment donner du sens à chaque phrase, à chaque note. Mes artistes préférés sont ceux qui ne s’arrêtent jamais de chercher, de s’améliorer, d’apprendre. Ceux qui aiment se remettre en question et se sont fixés pour but de développer l’expression.

 

Quelle la particularité du programme que vous présenterez l’Opéra de Nice Côte d’Azur ?

Le Double Concerto de Bach est de prime abord moins virtuose que le Rondo capricioso de Saint-Saëns mais il pose de réelles difficultés quant à l’expression. Cette œuvre est connue de la plupart des auditeurs et Julian Rachlin et moi avons passé de nombreuses heures à l’analyser, à revoir les articulations, les vitesses d’archet et les phrasés, travailler sur les caractères et couleurs. Chaque note est importante chez Bach. Quand on commence à creuser les œuvres des grands compositeurs, on s’aperçoit qu’on n’a jamais fini de découvrir de nouveaux détails !

 

Vendredi 8 et samedi 9 Juin 2018

Jean-Sébastien Bach
Double Concerto pour violon en ré mineur, BWV1043

Camille Saint-Saëns
Introduction et Rondo capriccioso en la mineur, opus 28

Modeste Moussorgsky / Maurice Ravel
Tableaux d’une exposition

Violon Sarah McElravy • Direction musicale et Violon Julian Rachlin