Le Double Concerto de Bach les 8 et 9 juin

30 avr. 2018

Le Double Concerto de Bach les 8 et 9 juin

Conversation entre violons

Le Double Concerto BWV 1043 de Jean-Sébastien Bach a probablement été composé entre 1717 et 1723 à Köthen, alors capitale de la principauté d’Anhalt-Köthen située dans la partie orientale de l’Allemagne d’aujourd’hui.

 

La date de composition n’appelle aucune certitude, car le matériel rédigé pour le Collegium Musicum de Leipzig date effectivement de 1730 et 1731.

Bach séjourne à Köthen – qu’on écrivait en français il n’y a guère si longtemps Cöthen – de 1717 à 1723, avant d’obtenir le poste de cantor à l’église Saint-

Thomas de Leipzig. En tant que maître de chapelle (Kappellmeister) à la cour du prince Léopold, Bach jouit d’une ambiance informelle, où le prince traite ses musiciens comme ses égaux. Cette période heureuse est propice à l’écriture d’œuvres instrumentales de première importance pour luth, flûte, violon (Sonates et Partitas pour violon solo), clavecin (premier livre du Clavier bien tempéré), violoncelle (Suites pour violoncelle seul), et les six Concertos brandebourgeois. La suite orchestrale et l’ouverture sont des genres importés de France alors prisés en Allemagne, tandis que la pratique du concerto est le signe d’une influence italienne.

 

L’art du contrepoint

Avant les Brandebourgeois, qui portent la trace d’une synthèse entre continuo homophone et écriture contrapuntique à l’allemande, Bach montre dans ses œuvres concertantes ce qu’il a retenu du style italien.

Néanmoins le Double Concerto, l’un des trois concertos pour le violon de Bach qui nous sont parvenus dans leur forme originelle, témoigne lui aussi de la manière dont le compositeur se libère des influences françaises et italiennes, imprime à son style une direction allemande grâce au contrepoint. En 1739, Bach en rédige un arrangement pour deux clavecins et orchestre, transposé en ut mineur. Maintes fois adaptée, voire chorégraphiée, au cours de l’histoire, cette œuvre pour solistes, cordes et basse continue, est un exemple des œuvres concertantes de la fin de la période baroque. Les trois mouvements Vivace, Largo ma non tanto et Allegro rendent compte avant tout d’un travail sur la relation entre les deux solistes, principalement dans le mouvement lent où l’orchestre se cantonne à jouer des accords. Plus surprenants encore sont les passages fugués répartis au cours du concerto, qui s’enrichissent de canons dans lesquels le ou les solistes jouent un rôle de véritables meneurs. Le contrepoint de Bach contribue à l’énergie, à l’élan et à l’incomparable beauté musicale de l’ensemble.

 

Par Sofiane Boussahel