Concert d'ouverture

27 juil. 2018

Concert d'ouverture

Samedi 22 septembre, dans la salle Apollon d'Acropolis

Concerto pour piano-pédalier et orchestre de Gounod

Une œuvre jamais jouée à Nice

 

En cette année 2018, le monde de la musique célèbre le bicentenaire de la naissance de Charles Gounod.

Ce grand compositeur, auteur entre autres de Faust et de Roméo et Juliette, a sa rue à Nice. Il est venu en personne dans notre opéra, en 1885, pour entendre débuter dans le rôle de Marguerite de son Faust l’une des chanteuses les plus célèbres de l’époque, la diva Emma Calvé.

Existe-t-il encore, au début du 19e siècle, des œuvres de Gounod à découvrir ?

En voici une que le public niçois n’a jamais entendue : le concerto pour piano à pédalier et orchestre.

Le piano à pédalier est un instrument qui a été créé au 19e. Siècle pour permettre aux organistes de s’exercer chez eux.

En 1885, lorsqu’il renonça définitivement à composer des œuvres lyriques pour se consacrer à la musique religieuse, Gounod écrivit un certain nombre de pièces pour piano-pédalier, dont ce concerto.

 

A entendre mais aussi à voir

Il les dédia à une virtuose spécialiste de cet instrument, Lucie Palicot. Si l’on en croit le très sérieux musicologue Paul Landormy, cité par Gérard Condé, le spectacle de cette jeune musicienne était aussi intéressant pour la vue que pour l’ouïe : « Je me rappelle que l’impression fut étrange de cette gracieuse et mignonne personne juchée sur une immense caisse contenant les cordes graves du pédalier sous un piano de concert reposant sur ladite caisse ; et surtout, ce qui nous surprit, assez agréablement d’ailleurs, ce fut de voir madame Palicot vêtue d’une jupe courte, au genou, bien nécessaire, mais étonnante en ce temps-là, s’escrimant fort adroitement de ses jolies jambes pour atteindre successivement les différentes touches du clavier qu’elle avait sous les pieds, tout semblable à un pédalier d’orgue. »

C’est cette agréable soliste qui créa le concerto, le 4 avril 1890, au Châtelet à Paris, Charles Gounod dirigeant lui-même l’orchestre. On n’a aucun détail sur la tenue vestimentaire de la soliste ce jour-là !

L’œuvre est en trois mouvements, dont le dernier, curieusement, n’est pas un mouvement rapide mais une marche funèbre.

L’allegro initial, dont la partie soliste commence par un solo de pédalier, est d’un style proche de Beethoven. Le second mouvement, proche, lui, du style d’Haydn, est un scherzo avec, au centre, un traditionnel trio.

L’adagio final, ouvert par quelques notes sombres du cor et des cordes graves de l’orchestre, est donc une marche funèbre, égrainée au piano. Au centre, l’instrument soliste s’épanche en une mélodie lyrique proche de Chopin.

Ce concerto pas comme les autres est doublement intéressant, au niveau musical et spectaculaire.

 

 

Par André Peyrègne