Pietro De Maria

21 sept. 2018

Pietro De Maria

Le pianiste italien interprétera le Concerto pour piano n° 22 de Mozart les 5 et 6 octobre prochains

PHOTO ©Leonardo Ferri

« Avec le piano, on a un véritable orchestre sous les doigts »

 

Né à Venise, Pietro De Maria y effectue ses premiers pas de musicien avant d’étudier auprès de Maria Tipo à Genève et d’obtenir plusieurs distinctions internationales d’importance, tels le Prix de la critique au concours Tchaïkovski de Moscou, le Premier Prix au concours Dino Ciani de Milan, au concours Géza Anda de Zurich et le Prix Mendelssohn à Hambourg. Il poursuit une brillante carrière internationale. Rencontre avec un soliste généreux dont la virtuosité et la musicalité se doublent d’une riche culture et d’une curiosité qui lui permettent d’aborder avec bonheur toutes les facettes de la musique.

 

Quel a été votre parcours ?

J’ai toujours voulu être pianiste. Mes parents n’étaient pas instrumentistes mais ils aimaient la musique. J’ai été très tôt bercé par les interprétations de Rubinstein. J’ai commencé mes études à sept ans car il m’a fallu du temps pour les convaincre que le piano était ma vocation. J’ai travaillé avec Maria Tipo à Genève. Une rencontre importante car j’ai beaucoup appris d’elle en matière de recherche de la sonorité. J’ai eu aussi le privilège de rencontrer Nikita Magaloff ou encore Martha Argerich qui m’a aussi beaucoup apporté sur le plan humain et musical en ouvrant des pistes d’interprétation qui ont aussi forgé ma personnalité.

 

Pourquoi le piano ?

Ce qui me séduit dans cet instrument, c’est d’avoir un véritable orchestre sous les doigts et de pouvoir rechercher le timbre, la sonorité. J’ai une affinité naturelle avec Chopin qui a été le premier à savoir comment faire sonner le piano et le faire chanter. L’écoute des chanteurs et des autres instruments me nourrissent ainsi que la fréquentation des autres compositeurs. Ainsi Bach apporte une grande satisfaction intellectuelle lorsqu’on arrive à maîtriser sa complexité. Il me permet de me ressourcer parce qu’il fait du bien au cerveau et à l’âme. Je ne peux pas tout jouer, mais j’aime tous les styles et toutes les époques.

 

Que pensez-vous de ce concerto n° 22 de Mozart que vous allez jouer ?

C’est pour moi l’un des plus caractéristiques de son génie. Le second mouvement en do mineur est d’une rare profondeur. Le troisième nous rappelle l’atmosphère de ses opéras comme Così fan tutte. Il y a chez lui et dans sa manière d’aborder l’écriture pianistique beaucoup de théâtralité.

 

Vous aimez vous produire en public ?

Oui, c’est le moment privilégié du partage avec le public de l’émotion, de la sensibilité, de la vraie communion dans la musique. Cela m’est aussi nécessaire que les nourritures terrestres. Ce qu’il y a de plus beau dans la musique, c’est que l’on arrive à s’oublier grâce à elle. Elle efface nos soucis et nous permet d’entrer dans une autre dimension spirituelle et émotionnelle qui dépasse nos contingences humaines.

 

Par Philippe Depetris