Ballets de décembre

7 déc. 2018

Ballets de décembre

Fin décembre, l’Opéra s’envole sur les ailes du Ballet Nice Méditerranée pour une série de représentations où scintille un art chorégraphique sur son trente-et-un.

Danser est une fête

SUR SCÈNE, ON NE VOIT QUE LEUR ÉNERGIE ET LEUR GRÂCE

Mais en amont, dans les studios de répétition de l’Opéra, au sein de la Diacosmie sur la plaine du Var, c’est leur travail qui crève l’écran. Celui des artistes du Ballet Nice Méditerranée qui, sans cesse, remettent leur ouvrage sur leur métier pour tisser en dansant de nouveaux ravissements. Comme si leurs gestes déployaient dans l’air de luxuriants rubans de gaze, ils seront ainsi tout à leurs prodiges d’inlassables tisseurs de merveilles dans le tourbillon des Fêtes. Une période qui, pour nombre de compagnies de danse, correspond en quelque sorte à leur marée d’équinoxe. C’est le temps des grandes manoeuvres chorégraphiques et de spectacles ciselés dans la plus pure expression de la danse classique et de sa pyrotechnie.

Dans le droit fil de cette effervescence satinée, la formation niçoise s’apprête à jouer en décembre la carte d’une production de haute volée. Sur son carnet de bal, Les Deux Pigeons (d’après Albert Aveline) et Le Ballet de Faust, deux pièces signées Éric Vu-An. « Nous serons en configuration franco-française », souligne le directeur du Ballet Nice Méditerranée, « Avec la musique d’André Messager pour Les Deux Pigeons et celle de Charles Gounod pour Faust, tout comme je me suis efforcé, dans ces deux oeuvres, de faire la part belle au brio de la tradition néoclassique française ».

 

BACCHANALE SENSUELLE

Sur cette base, le spectacle va roucouler d’une allégresse espiègle, avant de s’embraser comme une torche au bûcher de l’enfer des vanités.

Inspirés par la fable éponyme de La Fontaine, Les Deux Pigeons mettent en scène de doux oiseaux de jeunesse, au cours d’une histoire saupoudrée d’amour sorcier dans le sillage d’une belle gitane. Mais c’est l’amour conjugal qui l’emporte à la fin !

Sur Le Ballet de Faust, contrepoint endiablé de la pièce précédente, plane l’ombre funeste d’un aigle à deux têtes. Il capture entre ses serres un Faust aveuglé par Méphisto et par sa soif de chair fraîche. Immortalisée par Goethe, l’histoire a été transposée à l’opéra par Gounod qui a donné sa musique au ballet et dont on fête cette année le bicentenaire de la naissance. « Durant l’épisode de la nuit de Walpurgis », explique Eric Vu-An, « la chorégraphie est à son paroxysme, elle devient une bacchanale sensuelle, exacerbée par la fièvre des sens de Faust, tandis que Méphisto tire les ficelles ».

Morceaux de bravoure en perspective !

Pour les Fêtes, des Deux pigeons à Faust, le Ballet Nice Méditerranée invite le public à sa table des délices. La danse classique dans toutes ses saveurs…

 

Par Franck Davit