Leo Nucci à l'Opéra de Nice

23 janv. 2019

Leo Nucci à l'Opéra  de Nice

Le samedi 23 mars à 20h, venez écouter le grand Leo Nucci pour un concert exceptionnel !

Leo Nucci est plus qu’un chanteur : c’est une légende et sa carrière débute comme un conte de fée

 

Au milieu des années cinquante, dans le village de Castiglione dei Pepoli en Italie, Leo, fils du maréchal-ferrant et de la couturière, se préparait à une carrière de mécanicien chez Fiat. Il aimait la mécanique automobile et le cambouis sur les mains. Mais il chantait aussi, Leo. Et cela s’entendait dans la rue. Vint à passer un jour sous ses fenêtres un professeur de chant, Mario Bigazzi.

« Qui chante ainsi », demanda-t-il au boucher du village ?

« C’est mon voisin Leo, le fils de Gigi ».

« Il faut que je le rencontre, il a une voix magnifique » !

Le professeur de chant rencontra Leo, le convainquit de prendre des cours et de s’engager dans la voie de l’opéra. De cette rencontre allait résulter une des plus belles carrières lyriques de ces cinq dernières décennies.

Leo Nucci commença à travailler avec Mario Bigazzi. Même s’il alla ensuite se confier à d’autres maîtres, il voua à son premier professeur une reconnaissance éternelle. Il continua à le fréquenter jusqu’à sa mort, il y a quelques années dans notre région, à Beaulieu-sur-Mer où Mario Bigazzi était venu vivre, fréquentant comme auditeur notre opéra de Nice.

Les débuts professionnels de Leo Nucci remontent 1967, il y a plus d’un demi-siècle, à Spolète. Là, il remporte le concours du Festival des deux mondes en chantant le rôle de Figaro, qui deviendra l’un de ses rôles fétiches. C’est avec ce rôle qu’il débute en 1977 à la Scala de Milan. Il chantera par la suite plus de cent cinquante fois sur cette mythique scène italienne.

En 1978, le voilà au Covent Garden de Londres dans Luisa Miller. Il ouvre ainsi sa carrière de plus grand baryton verdien de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle.

 

TRIOMPHE À NICE EN 1999

Il devient l’un des chanteurs préférés d’Herbert von Karajan.

En 1980, débuts au Metropolitan Opera de New-York dans Un Bal masqué de Verdi. Il reviendra souvent sur la scène de l’opéra new-yorkais.

En France, on l’entend à Marseille pour la première fois dans Rigoletto - un rôle qu’il a chanté ensuite plus de quatre cent quarante fois. On n’a pas oublié le Rigoletto qu’il chanta à Nice en 1999, sous la direction de Gian-Carlo del Monaco, avec, à ses côtés, la niçoise Elisabeth Vidal dans le rôle de Gilda. La revue Opéra International fit ce compte-rendu du spectacle : « Saluts appuyés, applaudissements rendus au public, tout est mis en œuvre pour prolonger la saveur du triomphe. Que dire de l’ovation finale ? Pour un peu, on demandait aux artistes de tout rechanter depuis le début ».

Oui, un triomphe niçois pour notre Leo Nucci !

Celui-ci voue à notre région un attachement cordial, ayant longtemps habité Monaco et ayant à présent une résidence à Menton.

Le XXIe siècle n’a pas arrêté sa carrière. Le 17 mars 2011, à l’âge de 69 ans, il tenait le rôle-titre de Nabucco dirigé par Riccardo Muti à l’Opéra de Rome, à l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de l’Unité italienne. En juillet 2011, il est une fois de plus Rigoletto aux Chorégies d’Orange. Il interprète l’air de la vendetta. En juillet 2017, c’est aux Arènes de Vérone, qu’il suscite une ovation monstre dans le même rôle.

 

L’UNIVERSALITÉ DE SA VOIX

Sa voix fait merveille, reconnaissable entre toutes, avec son sens du legato, son large ambitus, ses aigus puissants. Elle traduit ce qui est l’essence de sa personnalité : la générosité. Elle touche les publics connaisseurs et populaires : il y a de l’universalité dans la voix de Nucci ! Le nombre de distinctions qu’il a reçu au cours de sa carrière est considérable : cela va de Grand officier du Mérite en Italie à Österreichischer Kammersänger à l’Opéra de Vienne, en passant par Ambassadeur de l’UNICEF, Chevalier des Arts et Lettres en France, Médaille d’or du Mérite des Beaux-Arts en Espagne, Citoyen d’honneur des villes de Milan, de Parme, de Crémone, de Marseille, de Santiago du Chili, Grand prix du disque pour ses enregistrements des Villi de Puccini, de Falstaff, Aïda, Don Carlos, Macbeth de Verdi, d’Idomeneo de Mozart.

Leo Nucci a enregistré avec les plus grands chefs (Herbert von Karajan, Georg Solti, Carlo Maria Giulini, Roccardo Muti, Claudio Abbado, Lorin Maazel, Riccardo Chailly, James Levine, Zubin Mehta, Griuseppe Patane), et a pris part au film Macbeth présenté au festival de Cannes en 1987.

En 2019, Leo Nucci est toujours en scène.

Il a mis au point une tournée avec un orchestre de chambre qui l’accompagne, l’Italian Opera Chamber Ensemble, composé d’un quatuor à cordes, le Quatuor Leo Nucci, et d’une harpe et un piano. C’est avec cet ensemble qu’on le retrouvera le 23 mars à l’Opéra de Nice, dans un programme intitulé Melodie intramontabili. On entendra non seulement des airs d’opéras de Verdi (Don Carlo, Macbeth, Un Bal masqué, Rigoletto), mais aussi des mélodies italiennes appartenant au grand répertoire des chansons napolitaines.

Du Nucci dans tout son charme et toute sa grandeur !

 

Par André Peyrègne