Rencontre avec Lise de la Salle

5 mars 2019

Rencontre avec Lise de la Salle

Elle interprètera le concerto pour piano n° 2 lors du concert Beethoven du dimanche 10 mars à 15h

Allegro piano vivace !
 

Avec son jeu fougueux et chatoyant, la pianiste Lise de la Salle fait résonner au présent les œuvres du grand répertoire

 

Les notes caracolent sous ses doigts, fusent en elle depuis son plus jeune âge.

« Wunderkind » (enfant prodige), comme l’héroïne de la nouvelle éponyme de Carson McCullers. Le mot va bien à Lise de la Salle, qui s’est produite en concert pour la première fois à l’âge de 13 ans.

« C’était à l’Opéra d’Avignon », sourit celle-ci, « Et j’y ai interprété le Concerto pour piano n° 2 de Beethoven ». À partir de là, les choses vont quelque peu s’accélérer. Elle enregistre son premier disque à 14 ans, enchaîne très vite concerts et tournées. « Le piano, c’est ma vie », revendique-t-elle, « Entre lui et moi, ça a été immédiat. J’ai grandi dans une famille d’amoureux de la musique et, petite fille, j’ai eu un vrai coup de foudre pour l’instrument ».

Dans le tourbillon qu’est aujourd’hui son existence, et qui la voit se produire sur les plus grandes scènes musicales internationales, la concertiste fera escale à Nice cet hiver, pour la première fois. György G. Ráth, le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Nice, l’a en effet invité à se produire dans le cadre d’une soirée Beethoven à l’Opéra. Elle y donne le Concerto pour piano n°2 du compositeur allemand.

 

ENERGIE VITALE

« J’ai joué les cinq concertos pour piano de Beethoven », confie Lise de la Salle, « Le deuxième a une saveur particulière pour moi, pas seulement parce qu’il me rappelle mes débuts. C’est une œuvre de jeunesse rarement interprétée, qui, d’un point de vue chronologique, est en fait le premier des cinq concertos composés par Beethoven. Pourquoi j’aime la jouer ? Beethoven a un rapport si particulier à la musique, il met une telle énergie vitale dans ses compositions. Pour moi qui aime faire vibrer le public pendant mes concerts, il m’offre une matière émotionnelle incandescent ».

Faire vibrer le public : au-delà d’une virtuosité de haut vol, de quoi cela relève-t-il aux yeux de la concertiste ?

« C’est un équilibre délicat à trouver. Il faut à la fois respecter la partition et la ramener à la vie. En tant qu’interprètes, nous n’avons qu’un tout petit espace de liberté à saisir dans cet intervalle. J’essaie pour ma part de me tenir au plus près de l’héritage musical du passé tout en insufflant à mes interprétations quelque chose de mon vécu. La musique n’est pas une science exacte, c’est un art, le reflet de la vie. Quand on la joue, ce qui lui donne sa magie et son supplément d’âme, ça ne s’apprend pas. On le puise dans ses sentiments et dans ses émotions. Pour moi, c’est cela valoriser les œuvres du grand répertoire et les faire résonner au présent… »

 

Par Franck Davit