Max Bruch et Richard Strauss ont tous deux, chacun à sa manière, porté le romantisme allemand à son apogée. Daniele Callegari nous propose de redécouvrir deux œuvres phares de ces deux monstres sacrés de la musique du tournant des XIXe et XXe siècles.
Dans les pas de Félix Mendelssohn, de Robert Schumann ou de Johannes Brahms, Bruch défend dans son Concerto pour violon n°1 une veine mélodique inspirée de la culture popu- laire, seul « salut de ces temps hostiles à la mélodie », comme il le dit lui-même. Frémis- sant témoignage de la musique germanique du XIXe siècle, ce formidable concerto de jeunesse (1866) sera porté par le violon lumineux de Marina Chiche, l’une des plus grandes virtuoses françaises d’aujourd’hui. Richard Strauss lui aussi porte dans sa musique tout l’héritage d’un romantisme assumé, débridé même parfois, et qui toujours parle à la sensibi- lité de l’auditeur. A l’aube du XXe siècle (1902), déjà fort de nombreux poèmes symphoniques qui l’ont propulsé au-devant de la scène musi- cale germanique, il s’amuse à composer une « symphonie domestique » inspirée de sa propre existence – et dédiée à sa femme et son fils ! Entre moments de tendresse et disputes acerbes, l’œuvre se déploie comme un petit opéra sans paroles… Et quelle musique, toujours riche et capiteuse. Un petit bijou à redé- couvrir de toute urgence.