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Le jeudi 28 mai à 10h30

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1776

Un petit théâtre en bois

La Marquise Alli-Maccarani obtient d’Amédée III, Roi de Sardaigne sous la juridiction duquel vit le Comté de Nice, l’autorisation de transformer son ancienne maison d’habitation en théâtre. Ainsi, le petit Théâtre Maccarani, du nom de ses propriétaires, s’élève-t-il au XVIIIe siècle sur l’emplacement de l’actuel Opéra.

Aménagé en 1776, tout en bois, sa façade nord s’ouvre sur la ville et sa façade sud sur les remparts du quai du Midi, aujourd’hui quai des États-Unis.

1826

Les travaux pour un opéra neuf

En 1826, la Ville de Nice rachète le Théâtre sur les conseils du Roi Charles Félix et décide de le raser pour construire un grand Opéra dans le style italien, sur l’emplacement de l’ancien.

C’est Brunati, architecte de la Ville et Perotti, architecte turinois, qui conçoivent un édifice avec un parterre spacieux, sans sièges, comme il est encore de tradition à cette époque, avec quatre étages de loges pour installer confortablement le public aisé et la grande loge royale soutenue par deux cariatides dorées.

La scène est fermée par un immense rideau sur lequel le peintre Biscarra représente, en une fresque géante, les exploits de l’héroïne niçoise Catherine Ségurane. Le fond de la scène, orienté au Sud comme aujourd’hui, s’ouvre sur une vaste baie vitrée découvrant la mer.

Cette baie a été murée en 1866 et un gigantesque cadran solaire a été placé à cet endroit du côté du quai du Midi.

1870 

L’Opéra devient Théâtre Municipal en 1870. 

1881

Le mercredi 23 mars 1881, pendant l’ouverture de Lucia de Lammermoor, tout bascule dans l’horreur, en quelques minutes. Un terrible incendie, dû vraisemblablement à une fuite de gaz au niveau de la rampe de scène, détruit entièrement le théâtre et fait 63 victimes.

1882

Le nouveau théâtre de François Aune

Le 7 novembre 1882, la municipalité décide de reconstruire le nouveau théâtre sur l’emplacement de l’ancien et charge François Aune des plans de l’édifice.

François Aune, né en 1814, architecte niçois, a obtenu un diplôme de géomètre à Turin avant d’être nommé architecte de la Ville. Les plans qu’il propose pour le nouvel opéra sont approuvés par Charles Garnier, alors Inspecteur des Bâtiments Civils.

La construction extérieure

François Aune, élève de Gustave Eiffel, bâtit une enveloppe en maçonnerie traditionnelle à base de pierres, de briques et de chaux, à l’intérieur de laquelle il établit une structure de poutrelles métalliques.

La décoration intérieure

La décoration de la salle et de la scène résulte d’un compromis entre les traditions locales niçoises, l’influence grandissante des francophiles et les exigences esthétiques d’un public cosmopolite.

La synthèse de ces courants divers est faite par un architecte formé à l’école turinoise et mâtiné, comme certains le lui reprochent, de parisianisme. Dès l’origine, le cahier des charges prévoyait que la salle serait à l’italienne. Ainsi, les loges, véritables petits salons intimes, s’ouvrent sur la salle et leur ensemble offre l’aspect d’un mur percé de multiples baies.

Liberté est donnée à chacun de participer au spectacle, selon une philosophie qui privilégie l’autonomie individuelle, sans pour autant gêner le confort collectif.

Le nouveau théâtre est pourvu d’une magnifique décoration, tandis que le plafond, peint par Emmanuel Costa, représente le Char du Soleil.

Les sculptures sont de Raimondi et représentent les Muses : Euterpe (la musique), Melpomène (la tragédie), Thalie (la comédie) et Terpsichore (la danse).

1902

En 1902, le Théâtre municipal prend le nom que nous lui connaissons aujourd’hui : Opéra de Nice.

Un haut lieu de la musique lyrique et symphonique

Après la réouverture, la vie lyrique niçoise reprend de plus belle avec des créations comme Marie-Madeleine de Massenet (1903), avec les premières françaises d’ouvrages comme Les Troyens de Berlioz (1891), La Gioconda de Ponchielli (1886), Eugène Onéguine de Tchaïkovsky, L’Or du Rhin de Wagner (1902), Ekaterina Ismaïova de Chostakovitch, ou encore la création mondiale de l’Elégie pour de jeunes amants de Henze (1965).

Les divas se sont succédé : Nelly Melba, Felia Litvine, Emma Calvé, Mado Robin, Régine Crespin, Barbara Hendricks et Montserrat Caballé dont le nom est d’ailleurs donné au Foyer de l’Opéra de Nice. Des chanteurs légendaires ont fait entendre leurs vocalises : José Luccioni, Cezare Vezzani, Georges Thill, Mario del Monaco, Carlo Bergonzi, Luciano Pavarotti, Franco Corelli, Ruggiero Raimondi, José Carreras, Placide Domingo ou encore Jonas Kaufmann.


Montserrat Caballé : le foyer de l’Opéra porte aujourd’hui le nom de Montserrat Caballé, immense cantatrice espagnole (1933 – 2018), qui s’est produite de nombreuses fois à l’Opéra de Nice.


La scène de l’Opéra de Nice a également accueilli des concerts prestigieux avec des solistes comme les pianistes Marguerite Long, Arthur Rubinstein, Wilhelm Kempff, Krystian Zimerman ; les violonistes Jacques Thibaud, Zino Francescatti, Yehudi Menuhin; les chefs d’orchestre Georges Enesco, Jasha Horenstein, Paul Paray, Igor Markevitch, Eugen Jochum, Wolfgang Sawallich, etc.

1950-1982 

Direction : Ferdinand Aymé

1960

Depuis l’origine, quelques éléments ont changé dans cet édifice. Ainsi l’entrée principale, qui débouchait sur un vaste escalier inscrit dans la rotonde du Théâtre, a été transférée rue Saint-François-de-Paule.

De même, le proscenium a-t-il été diminué, le grand lustre supprimé, puis rétabli en 1960 (il compte 600 lampes), le parterre agrandi, les peintures de l’entrée remplacées par de grands miroirs.

1979

La cage de scène a été refaite et modernisée en 1979.

La fosse d’orchestre, grâce à son plateau mobile, permet d’augmenter très sensiblement le nombre de musiciens pour les concerts et autorise l’interprétation d’un répertoire plus large.

1982-1994

Direction : Pierre Médecin

Ce féru de musique avait été l’assistant de Wieland Wagner à Bayreuth dans les années 50, puis avait travaillé aux côtés de Georges-François Hirsch lorsque ce dernier administrait la danse à l’Opéra Garnier (1979 – 1981).

Pierre Médecin fut conseiller artistique de l’Opéra de Nice entre 1959 et 1966, et en devient le directeur artistique en 1982. Il y a produit l’intégrale de la tétralogie de Wagner en cycles et l’intégrale de Mozart pour le bicentenaire de sa mort, ainsi que de très nombreux ouvrages du répertoire et plusieurs créations françaises comme Katia Kabanova de Janacek.

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